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 Moon trip _ Dave

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MessageSujet: Moon trip _ Dave   Mer 3 Nov - 12:01


Yoric souriait, comme bien souvent, a sa très charmante voisine qui rentrait chez elle alors que le jeune homme lui, venait de fermer la porte de sa demeure. Il n’avait jamais compris pourquoi son entourage, proche ou non, le fuyait se la sorte. Après tout, sa profession était inconnue pour la plus grande majorité de la population, et il n’était pas vraiment du genre brute épaisse sans cœur et sans compassion dans sa vie quotidienne. Au contraire, il était toujours souriant et serviable. Tous savaient qu’a n’importe quelle heure du jour et de la nuit, il était prêt à se lever pour aller les aider, quelque soit le problème. Mais c’était peut être ca le problème ; il était trop grand, trop blond, aux yeux trop bleus, beaucoup trop souriant et beaucoup trop aimable. L’image qu’il donnait devait être perçue comme bien trop belle pour être vraie. Beaucoup se méfiait donc de lui ; et c’était le cas de cette voisine. Il ne lui avait jamais rien fait, mais la peur qu’il inspirait était plus forte que tout. Le jeune irlandais secoua doucement la tête en poussant un léger soupire. Tout cela ne le dérangeait pas plus que ca ; il savait profiter de ce que lui offrait les rares personnes ne s’écartant pas de son chemin.
En parlant de chemin, s’il continuait à rêvasser de la sorte, il allait finir par se mettre en retard pour son rendez-vous. Enfin… Rendez-vous était un bien grand mot ; Yoric ne savait absolument pas à qui il allait faire face cette nuit, et il ne savait pas non plus pourquoi il devait se présenter au centre du cimetière a minuit tapante. Il avait reçu une lettre plus tôt dans la journée, alors qu’il était entrain d’essayer de faire parler un homme un peu coriace. Etre dérangé en plein travail par un garde ne l’avait jamais vraiment mis de bonne humeur, mais si en plus c’était pour une futilité, le jeune homme avait souvent tendance à lancer malencontreusement ses couteaux tout contre le corps de l’importun. Une lettre ; on l’avait déranger pour une lettre. On, parce que oui, c’était bien un on vu que personne n’avait daigner signer la missive, de venir sans faute au cimetière ce soir. L’irlandais avait bien été tenté de ne pas se présenter, la politesse aurait exigé qu’on lui demande plusieurs jours à l’avance, mais sa curiosité naturelle avait pris le dessus.
C’était donc pourquoi le grand blond était la emmitouflé dans sa cape noire, a avancer a vive allure dans les rues de Port Royal. Enfin, il arriva devant la grande porte de fer forgée qui séparait la route du cimetière. Faisant bander ses muscles supérieurs, le jeune homme tira la lourde porte qui grinça malgré ses efforts. Elle ne servait pas assez, pourtant il faisait toujours en sorte que de nouveaux pensionnaires y reposent pour l’éternité. Il ne savait pas trop s’il devait refermer le passage ou non, c’est pourquoi il se décida à le laisser entre ouvert ; son mystérieux rencart n’aurait qu’a lui aussi s’épuiser a entrer.
Après quelques enjambées, l’irlandais se retrouva au centre du cimetière, ses yeux bleus parcoururent avec lenteur la surface des tombes qui l’entouraient avant qu’il ne se dirige doucement vers une stèle sur laquelle il se laissa glisser.

{Vingt-sept ans plus tôt}

    Excusez-moi, pardon, madame… Madame.. MADAME !


La jeune mère de Yoric O’Corrigan courait affolée dans les rues de Galway. Son fils ainé, son fils adorée était introuvable. Il avait quitté le domicile il y a déjà plus d’une journée et personne ne l’avait vu ou ne pouvait savoir ou il était. Ses parents avaient cherchés dans la ville entière, fuyant chaque coin et recoin, allant de la prison aux tavernes, mais il n’y était pas. Le dernier espoir qu’il pouvait rester à la jeune femme blonde aux yeux aussi bleu que les abysses était cette femme, qui travaillait chez le curé.

[…]

Tara avait remonté sa robe jusqu'à ce que ses chevilles soient visibles ; ce n’était pas convenable, mais cela lui permettait de courir bien mieux au milieux des branchages et des hautes herbes.

    Yoric ! Yoric !


L’enfant releva doucement la tête et regarda, de ses petits yeux ensommeillés sa mère courir comme une folle en sa direction. La jeune femme, quant a elle, pouvait apercevoir son fils, roulé en boule sur une large stèle de pierre noircie par le temps. Une tombe, son enfant, sa chaire avait dormi et passé sa journée allongé sur une tombe du vieux cimetière de la ville….

{De retour a Port Royal}

Dès son plus jeune âge, l’irlandais avait fait preuve d’une passion, à la limite de l’obscénité, pour la mort et tout ce qui l’accompagnait. Après cet épisode, il s’était rendu bien des fois dans ce cimetière devenu sauvage ; il aimait être au contact du froid omniprésent des morts, il n’aurait pu expliquer pourquoi. Avec le temps, cette affection s’était légèrement élargir, jusqu'à ce qu’il devienne bourreau.
Soudain, le craquement d’une branche le fit rapidement tourner la tête. En apercevant, au clair de lune, qui était son visiteur, un petit sourire perçu sur son visage pendant que ses yeux commencèrent doucement a briller.

    Tiens tien tiens.. Je savais que j’avais bien fait de venir… Quelle est la raison de ce… rendez-vous ?


Sa voix grave, très fortement imprégnée de l’accent irlandais des campagnes c’était élevée dans le silence religieux du cimetière
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MessageSujet: Re: Moon trip _ Dave   Mer 3 Nov - 13:16

Se prime abord, ce genre de choses ne faisait indubitablement pas partie de son style habituel. Ou plutôt si, totalement, mais pas de sa façon de traiter habituelle. D’ordinaire, il respectait autant que faire se peu les caractères de ses interlocuteurs, particulièrement quand ils étaient efficaces, plus encore quand il les rencontrait souvent, sans parler de ceux qui était plus ou moins considérés comme « alliés ». Dans le sens large du terme, bien entendu. Ceux qui ne faisaient pas ouvertement allégeance à la Gouverneur, ou du moins à l’autorité qu’elle représentait. Ceux dont il fallait se méfier. Plus que du reste des « alliés ».

Car, à ses yeux, il fallait se méfier de tout le monde, sauf de sa demi-sœur, bien entendu, puisque c’étaient exclusivement de ses intérêts dont il se souciait. De tout le monde, même de ceux qui paraissaient sincères, ou fidèles. Même des amis. Ou de la famille. L’homme était une créature vile, qui ne pensait généralement qu’à son propre intérêt, et ceux qui servaient véritablement des causes ou des gens avaient la détestable habitude de finir par croire que le bien de ceux-ci était menacé d’une manière ou d’une autre par la Lady. Même ceux qui servaient fidèlement la Couronne, ou jusqu’à la Compagnie. Ils avaient tord, bien sûr, mais c’était leur droit après tout de se tromper. Une raison de plus pour les surveiller, et pour ce méfier.

Une raison de plus de ménager ceux qu’on ne pouvait ni intimider ni acheter. Et donc de ne pas les déranger alors qu’ils sont en train d’exercer leur honnête profession. Surtout quand ils n’apprécient foncièrement pas cela, et encore plus quand cette circonstance avait des chances de fausser le résultat final. Davidson Amycus Brown était un homme habile, et c’était habituellement le genre de choses qu’il n’oubliait pas de prendre en compte quand il traçait sa ligne de conduite future, chose qu’il faisait avec soin, même quand c’était dans le feu de l’action, son esprit parfois tortueux aillant développées de remarquables facultés dans ce domaine.

Mais c’était justement cette habilité qui l’avait fait agir comme il l’avait fait. Un mot anonyme, non signé, même pas écrit de sa main, déposé de façon toute aussi anonyme par un autre que lui, pour un rendez-vous imprécis et mystérieux dans un lieu incongru pouvait être prit avec mépris, ou curiosité. Il avait parié sur la curiosité, et était sûr de ne pas être déçu. De plus, le choix du lieu n’était pas non plus anodin. Au-delà de son côté discret, surtout la nuit, le cimetière devait aussi offrir une petite dose d’attrait en plus un homme qui avait fait de la mort son métier et qui l’exerçait avec tant d’efficacité et de conviction. Et, en plus, il ne faisait pas partie de ses lieux de rendez-vous habituels, ce qui rajoutait une petite touche supplémentaire même si non-nécessaire.

Et voilà donc comment il se retrouva à se glisser, vêtu de noir comme à son habitude, dans les rues de Port-Royal, vers le cimetière où il avait fixé son rendez-vous. Il était armé, comme toujours, d’une épée et d’un pistolet. Premièrement parce qu’on ne savait jamais sur qui on pouvait tomber, même dans cette citée, fief de la Compagnie dans les Caraïbes, où les soldats faisaient régner l’ordre. Sortir sans de telles armes aurait été imprudent. Mais aussi, en second lieu, parce que la nature humaine était imprévisible, au fond du fond, et qu’au cas où il n’était pas sûr du tout de l’emporter dans un combat à mains nues avec celui qu’il escomptait rencontrer cette nuit.

Il trouva les larges grilles du cimetière entre-ouvertes, et en déduit que quelqu’un était déjà arrivé. Avec de la chance, et selon toute probabilité, son rendez-vous, avec un peu de guigne, quelqu’un d’autre, qu’il faudrait probablement faire taire. Sans doutes définitivement. Le meurtre entrait dans ses attributions, et les dommages collatéraux n’avaient jamais été un problème pour lui. Parfois les gens étaient juste au mauvais endroit au mauvais moment. C’était dommage pour eux, mais le monde allait ainsi. Un jour on vit, un autre jour on meurt. Offrir sa vie pour la Nation Anglaise, n’était-ce pas un suprême honneur… Qu’on soit consentant ou non ?

Souple comme un fauve, il se glissa dans l’ouverture, soucieux de ne pas provoquer de bruit en manœuvrant les grilles. S’il était resté en vie si longtemps avec le métier qu’il faisait, c’était entre autre parce qu’il savait être prudent, quand il le fallait. À la lumière de la lune, il avança dans le cimetière, d’un pas léger, ni trop rapide ni trop lent. Son regard sombre, plus sombre encore dans la nuit, balaya les lieux à la recherche de celui qui avait entre-ouvert les grilles, ami ou ennemi, rendez-vous attendu ou inattendu. Sa main pouvait voler en quelques secondes à la poignée de son épée, ou au pire à son pistolet. Les second était plus bruyant, mais s’il n’avait pas le choix…

Soudain, il entendit craquer une branche. Sous son propre pied. C’étaient des choses qui arrivaient, quand on avançait pas à une allure plus que modérée ou qu’on ne regardait pas le sol juste devant soi. Il perçu un léger mouvement dans les ténèbres, l’air détendu malgré les risques. Il n’était pas homme à avoir plus peur ici qu’en pleine lumière sur la place du marché. Il n’était d’une manière général pas homme à avoir peur dans une situation comme celle-ci. Il ne sursauta même pas quand il entendit brusquement la voix sortir des ombres, un léger sourire étirant ses lèvres en la reconnaissant.

« Tiens tien tiens.. Je savais que j’avais bien fait de venir… Quelle est la raison de ce… rendez-vous ? »

Il se dirigea vers l’homme source de cette voix, qu’il n’avait pas vu en ne songeant pas que son corps pu être ainsi collé à la pierre. La plupart des gens auraient frémis d’horreur à l’idée de faire de même. Mais la plupart des gens auraient aussi eu peur de venir ici en pleine nuit, et auraient probablement poussé un cri en entendant le craquement. En imaginant bien sûr qu’ils soient venus…

« Bonsoir, messire. »

La politesse… Un masque dont il avait l’habitude de se parer. Surtout avec sa sœur, il était vrai. Mais aussi avec certaines autres personnes… Dans certaines situations, certains contextes. Mais ce n’était ici qu’un politesse de base, et celle-là il l’employait plus souvent encore.

« À vrai dire, j’aurais un travail pour vous. Un travail spécial. »

Il sourit encore, un sourire aussi fin qu’une lame d’orient, dans la pénombre de la nuit, ses yeux comme deux puits de ténèbres, comme toujours dans les heures nocturnes, quand il n’avait pas la lune ou une autre lumière pour les éclairer directement.
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MessageSujet: Re: Moon trip _ Dave   Mer 3 Nov - 13:20


Yoric souriait. La chose n’était pas aussi inhabituelle que cela pouvait paraître. Certes il était bourreau, mais les gestes les plus simples et naturels, comme sourire, lui arrivaient a lui aussi. Ce qu’il voyait en face de lui le faisait sourire, pire encore, il avait presque envie de rire. Davidson Aymicus Brown…. C’était donc le demi-frère de la gouverneur qui s’était amusé a organiser ce petit rendez-vous nocturne. La chose avait d’ailleurs été plutôt bien pensée ; un cimetière, quoi de mieux pour faire ce déplacer l’irlandais ? Il y avait cependant une seule chose a laquelle il n’avait pas réfléchi : la lettre. Yoric ne savait ni lire ni écrire, et beaucoup de membre de la compagnie le savait, il semblait que ce n’était pas son cas. Lorsqu’il avait trouvé le mot, glissé sous sa porte, la colère l’avait légèrement emporté ; mais il avait fait comme d’habitude lorsque ce genre de mésaventure lui arrivait, il avait demandé a un de ses clients, sanglé a la table de bois et le corps en sang, de lui lire la missive. S’il savait lire, la mort serait rapide, si ce n’était pas le cas, les conséquences seraient désastreuses. On pouvait certes se demander si le torturés ne pouvait pas inventer un petit mensonge ; Yoric lui, ne l’imaginait pas un seul instant.
Davidson Brown, lieutenant en chef de la compagnie des Indes ; s’il avait tant souhaité le voir au beau milieu de la nuit, dans un endroit on ne peut moins habituel, c’est que e service qu’il allait lui demander devait être assez important et devait par dessus tout rester confidentiel. Ce n’était pas la première fois que quelqu’un lui demandait une faveur de la sorte, mais jamais encore la demande n’avait été faite de la sorte par quelqu’un de si haut placé. Pour dire vrai, cela ne changeait rien pour le bourreau, dans son esprit, tous les hommes étaient égaux dans la vie, comme dans la mort. L’ordre et la hiérarchie ne représentaient rien pour lui, il ne la respectait que tant qu‘elle lui fournissait des hommes a torturer et a tuer.

    Bonsoir, messire.


Yoric haussa un de ces sourcils, légèrement amusé. Messire…. Depuis quand disait-on ce mot a un roturier comme lui ? La politesse atteignait parfois des extrêmes on ne peut plus risibles. Il ne manquait plus que le lieutenant en chef s’incline devant lui, le nez touchant le sol humide du cimetière. Il était bourreau, fils d’une famille de paysan de Galway, les messires et autres témoignages de politesse, il ne les connaissait pas ; pire encore, il les méprisait.
Le jeune irlandais secoua la tête avant de se relever doucement, rompant tout contact avec la pierre tombale. Maintenant qu’il était debout, il dominait de plusieurs centimètres l’homme qui lui faisait face.

    À vrai dire, j’aurais un travail pour vous. Il souriait, d’un sourire cruel. Un travail spécial.


Yoric sourit une fois de plus avec amusement. Un travail, voilà qui était inattendu ! La question qui pouvait subsister était maintenant de savoir ce que l’on attendait de lui. Plusieurs fois au court de sa carrière d’exécuteur il lui était arrivé de refuser ces genre de « travail spécial » que ce soit par conviction personnelle ou tout simplement pour contrarier le commanditaire. L’esprit de l’irlandais était bien plus complexe en réalité que ce qu’il laissait paraître.

    Un travail vraiment ? Il s’approcha d’un demi pas. Quel genre de travail ?


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MessageSujet: Re: Moon trip _ Dave   Ven 19 Nov - 18:10

Dans la pénombre nocturne, il lui avait semblé voir l’un des sourcils du bourreau se relever légèrement, participant à une modification ténue de son expression, en réponse à son salut. Il ne s’en soucia pas une seule seconde, bien qu’il ait enregistré l’information, comme toutes les informations, parce que les informations, et il était très bien placé pour le savoir, collecteur de renseignements pour sa demi-sœur et espion lui-même à son service, c’était la clé de toute victoire. Peut-être l’homme, d’origine modeste, trouvait-il incongrue sa salutation, peut-être même ne l’appréciait-il pas. Il y aurait tout de même droit toutes les autres fois, tout comme il y avait eu droit toutes les fois précédentes. N’était-il pas un honnête et honorable collaborateur de la politique du Gouverneur et de la Compagnie des Indes Orientales ?

Davidson Aymicus Brown avait sa propre conception du monde, qui différait peut-être de beaucoup d’autres, de ce qu’il avait vu de la psyché de ses contemporains. Et ce n’était pas quelque chose qui le tracassait le moins du monde. Il était prêt à accorder valeur aux hommes et aux femmes de la roture, dont sa propre lignée n’était, après tout, pas sortie depuis de si nombreuses générations, bien qu’elle compte depuis longtemps parmi les plus aisées de la bourgeoisie anglaise. Bien sûr, cette valeur ne pouvait être comparée avec celle de certains des grands de ce monde, mais elle valait la peine d’être remarquée. Certains nobles n’étaient que des semblants d’êtres, et il les méprisait, de même qu’il méprisait tous les autres humains du même genre. Mais tout comme il respectait au plus haut point les nobles véritablement fait pour la noblesse - comme sa sœur par exemple - il avait un respect certain bien que moindre pour ceux qui accomplissaient vraiment leur fonction.

Ors, s’il y avait bien un bourreau, dans tous ceux qu’il avait connu, qui méritait d’être appelé bourreau, c’était bien Yoric O‘Corrigan. Et cela lui vaudrait ces marques de respect, d’autant plus qu’il était de façon indirect au service de la Compagnie à Port-Royal, et donc d’Elvira. Qu’il soit fondamentalement d’accord ou pas était un problème tout a fait secondaire dans l’esprit de Davidson…

« Un travail vraiment ? Quel genre de travail ? »

Le géant s’était rapproché d’un demi-pas, et sur son visage était passé un sourire. Bien sûr, Brown connaissait son sujet, et il savait que l’Irlandais était parfois imprévisible, d’autant que, comme il venait de le penser un instant plus tôt, son service auprès des représentants et serviteurs de la Couronne Britannique n’étaient qu’indirects. Mais cette perspective ne le troublait pas le moins du monde, pas plus que le lieu ou l’identité morbide de son interlocuteur plus grand que lui dans ce dit lieu.

« Un travail qui devrait vous intéresser, je pense. Et bien payé, comme de coutume. »


La Compagnie n’était pas avare de bonnes rémunérations, et Davidson moins encore. Il savait que c’était important pour certaines personnes. Il savait aussi que son interlocuteur n’avait jamais manifesté avec lui que ce fût tellement important pour lui. Mais c’était une donnée de l‘affaire, comme n’importe quelle autre donnée, et qui valait donc la peine d’être précisée.

« Il est un homme, qui a commit certaines fautes. Des fautes graves. De la trahison. C’est-ce qu’il y a de pire, quand on prétend servir Sa Majesté… »

Ses yeux, reflétant la lumière céleste à la faveur d’un jeu dans les nuages, parurent plus inquiétants qu’un instant au part avant. Il pouvait pardonner bien des choses. Mais sa confiance était très difficile à trahir deux fois, car la première était presque toujours fatale…

« Mais c’est également un homme de valeur, dirait-on, ou particulièrement obstiné. Je crains, au vue de sa résistance à mes premières approches, qu’il ne résiste également aux autres, et je ne voudrais pas qu’il meurt trop tôt entre mes mains par trop d’obstination de ma part… »

Le Lieutenant-Chef parlait avec une voix totalement neutre, si on exceptait la note qui y était passée à l’évocation de la trahison, malgré ce qu’évoquaient ses paroles. Cela faisait partie de son travail. Et son travail était sans doutes la chose qui le tenait le plus à cœur.

« C’est pour cela que j’aurais besoin de vos services. Au plus tôt, si possible. Même si j’ai quelques compétences dans le domaine de la question, je ne suis pas un spécialiste de la torture, et je n’ais pas l’art d’un professionnel. Si ce n’est pas mon travail, c’est le vôtre, et je suis sûr que vous parviendrez à le faire parler… au bout d’un moment. »

S’il respectait Yoric, c’était pour sa compétence. Il n’y avait que pour cela qu’il respectait jamais les gens. Sa compétence et l’application qu’il mettait dans l’accomplissement de son métier.

« Acceptez-vous de torturer puis de tuer cette personne pour moi et la Compagnie… Dans la plus absolue discrétion de tout ce que vous pourriez entendre, ou même de l’identité de la personne elle-même, bien entendu… »

Le secret était sensé faire partie des attributions de tout bourreau, à ses yeux, mais certains ne savaient franchement pas tenir leur langue. À sa connaissance, ce n’était pas le cas de l’Irlandais, et ça plaidait encore en sa faveur, mais il préférait lui exprimer clairement les termes du contrat avant d’aller éventuellement plus loin, par précaution autant que par honnêteté.
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MessageSujet: Re: Moon trip _ Dave   Ven 26 Nov - 12:58


Au mot travail, la curiosité, bien enfouie au fond de son être, de Yoric s’était légèrement réveillée. Cela faisait déjà bien longtemps qu’on ne lui avait pas confié de travail particulier qui l’obligeait à sortir de son cachot adoré. Il avait beau aimer le confinement et la familiarité de son lieu de travail, il avait toujours trouvé divertissant et enrichissant de travailler en dehors, dans un contexte particulier et unique. Bien souvent on envoyait des sous-fifres, dont la vie était tellement peu importante qu’ils étaient parfois envoyés durant les heures de travail du bourreau, munis d’une lettre, pour changer évidemment, indiquant les éléments importants de la « mission » qui lui était confiée. S’il acceptait, il laissait l’impudent repartir en paix, s’il refusait ; les choses se passaient différemment, tant et si bien que sa réputation de monstre s’était forgée dans les couloirs du Fort Charles. Pour tout dire, il adorait vraiment cela, il ne risquait pas d’être dérangé par des ânes bâtés, et il savait qu’il imposait une certaine forme de respect. Ce n’était peut être pas la plus glorieuse ou la plus légitime, mais au moins, il savait que ce respect durerait jusqu'à ce qu’il tombe sur plus… Cruel que lui. C’était une loi de la nature, l’homme au sommet ne restait au somment que tant que sa puissance n’était pas surpassée par celle d’un autre. Mais ce n’était pas dans les inquiétudes présentes de Yoric, il se savait en sécurité de ce coté la.
Toujours est-il qu’il était la, face a Davidson Brown, un petit sourire aux lèvres. Sa présence ici n’avait pas été une surprise, après tout, on ne conviait pas un bourreau au milieu de la nuit dans un cimetière pour lui proposer de prendre le thé accompagné de quelques petits gâteaux et de confitures. Toutefois, pour qu’un lieutenant en chef se soit personnellement déplacé, le travail devait être important, risqué surement, mais important.

    Un travail qui devrait vous intéresser, je pense. Ca… personne ne pouvait le savoir a l’exception de Yoric. L’irlandais était connu pour son esprit légèrement dérangé. Rien n’était prévisible avec lui, et il fallait toujours envisager le pire. Et bien payé, comme de coutume.


Le bourreau ne cilla pas, il resta, comme bien souvent, de marbre. Jamais il ne comprendrait cette obsession qu’avaient les gens avec l’argent. Le pire était sans aucun doute les riches qui estimaient que les pauvres ne répondaient qu’a des promesses d’argent. Yoric était né dans la pauvreté et il l’assumait avec fierté. Aujourd’hui encore, même si sa richesse était considérablement augmentée, il continuait de vivre avec peu, et ca lui suffisait, très largement.

    Il est un homme, qui a commit certaines fautes. Ah… Venait-il de plonger sans le savoir dans une fable pour enfant ? Qu’elle en serait la morale cette fois-ci ? Des fautes graves. De la trahison. Un des ses sourcils se haussa. Il savait que la trahison ne pensait jamais bien avec l’EITC. C’est-ce qu’il y a de pire, quand on prétend servir Sa Majesté… Comme bien souvent, il exagérait ; beaucoup. Il y avait pire, bien pire que la trahison, mais la compagnie semblait les ignorer. Mais c’est également un homme de valeur, dirait-on, ou particulièrement obstiné. L’irlandais ne voyait pas le rapport, mais il savait que ca n’était vraiment grave à un tel point. Je crains, à la vue de sa résistance à mes premières approches, qu’il ne résiste également aux autres, et je ne voudrais pas qu’il meurt trop tôt entre mes mains par trop d’obstination de ma part…


Voilà qui était une sage décision. Contrairement a ce que l’on pouvait penser, ne s’improvisait pas tortionnaire qui le voulait. La torture était un art, et il fallait de très très nombreuses heures de pratiques pour commencer a pouvoir espérer le maitriser un jour. Apprendre à torturer physiquement suffisamment longtemps pour que la victime soit affaiblie et a bout de force, et s’arrêter avant l’épuisement total était une tâche des plus compliquée. Bien trop souvent des suspects étaient morts sans avoir eu la force de dire leurs informations ; c’était du temps gâché.

    C’est pour cela que j’aurais besoin de vos services. Au plus tôt, si possible. Même si j’ai quelques compétences dans le domaine de la question, je ne suis pas un spécialiste de la torture, et je n’ais pas l’art d’un professionnel. Si ce n’est pas mon travail, c’est le vôtre, et je suis sûr que vous parviendrez à le faire parler… au bout d’un moment. Voilà qui était mieux.. Il n’essayait pas de diriger la compagnie des Indes lui. Acceptez-vous de torturer puis de tuer cette personne pour moi et la Compagnie… Dans la plus absolue discrétion de tout ce que vous pourriez entendre, ou même de l’identité de la personne elle-même, bien entendu…
    Un léger ricanement s’échappa de ses lèvres. Attendez… Laissez-moi reprendre depuis le début. Vous m’avez envoyé une lettre, non cachetée et anonyme, me donnant rendez-vous au beau milieu de la nuit dans le cimetière de Port Royal, pour me demander de torturer et de tuer quelqu’un… Mon lieu de travail ne vous convient donc pas ? Vous avez peur que quelqu’un s’amuse à venir me faire une petite visite de courtoisie ? Il se recula d’un pas. Vous venez de me convoquer ici pour me demander de faire mon travail si je comprends bien….

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